Contactez-nous +227 88 96 63 76 / 90 06 39 22

29-04-2019 0 104

Consommation de la boule de mil ou ‘’foura’’

Consommation de la boule de mil ou ‘’foura’’ : quand le bon ‘’foura da noono’’ aiguise l’appétit des gourmets

La boule communément appelée  ‘’doonou’’ en zarma  ou ‘’foura’’  en haoussa est un aliment qui provient de la transformation des céréales comme le mil, le sorgho. Au village, la boule est constamment disponible dans la calebasse et à la portée de toute la famille. Elle se prend au moins
deux fois dans la journée. De même, c’est avec la calebasse remplie de boule que les habitants du village accueillent leurs illustres.

Très connue des Nigériens depuis de longues dates, la boule est encore appréciée des Nigériens des villes et surtout des capagnes. Pratiquement comme le blé l’est en europe. Il  n’y a qu’à jeter un regard aux alentours des marchés surtout au niveau du petit marché. A cet endroit en effet, on remarque la présence importante de vendeuses de boule qui se retranchent chaque jour pour approvisionner une clientèle, toujours très nombreuse. A partir de midi, elles s’installent au niveau de leur point de vente. Mais en réalité, c’est entre 13 h et 14 h que la demande est très forte.

A ces heures, on voit défiler des jeunes filles, une petite calebasse soigneusement recouverte de vanne faire le tour des clients. Dans le marché, aux alentours et même dans les services situés prés du marché, les clients attendent impatiemment leur commande. Et c’est avec beaucoup de plaisir qu’on les voit savourer le foura accompagné de lait dans lequel baignent quelques morceaux de glace surtout en période de forte chaleur. Les vendeuses elles, se frottent les mains. Chaque jour, elles s’activent avec passion dans leur métier afin de pouvoir respecter le rendez-vous de treize heures. Dès que le soleil arrive au zénith, personne soit-il un passant ne doute de la présence de ces vendeuses de boule du fait des mouvements inlassables des petits calebasses sur la tête ou entre les mains des petits enfants ou autres bénévoles aidant les vendeuses dans la distribution de la boule.

Dans un écrit publié  en mai 1974, M. Laya Diouldé, sociologue a  pu recueillir les informations sur les techniques culinaires, les goûts et les habitudes alimentaires chez diverses catégories de population nigérienne. Dans cet écrit, il affirme qu’on dit souvent que nous sommes qualitativement sous alimentés. Si, sous le couvert de normes admises dans l’ensemble, on ne cherche pas ajoute t-il à nous imposer ce que mangent les autres, il est souhaitable que le fondement de cette affirmation soit explicité et à partir de ce que nous pouvons vérifier. Il s’est beaucoup appesanti sur le mil, sa valeur nutritive et la boule qui, parce qu’elle est partie prenante des diverses préparations à base de mil cache parfois des mystères. La boule est selon les quelques préparations du mil de Laya Diouldé un plat très courant, consommé par les Nigériens qui l’appellent ‘’foura’’ en haoussa et ‘’doonou’’ en zarma. A l’intérieur d’un même groupe ethnique, précise t-il, des régions ou des localités peuvent se tailler une renommée pour la qualité de leur boule tel que celle de Mirriah chez les haoussas. L’on distingue plusieurs catégories de boule : celle cuite ou crue, la boule fermentée ou non, la boule granulée ou en poudre.

La boule est d’une manière générale, le plat principal du déjeuner en milieu rural. C’est aussi, ‘’la boisson’’ que l’on présente dans la plupart de nos régions à l’étranger. En ce qui concerne sa préparation, elle est longue et pénible. Il y a en effet plusieurs étapes  importantes. D’abord, un premier pilage séparant les grains de l’épi, puis le vannage à la volée : les grains sont réparés de pales, ensuite intervient le second pilage (pilage de grains humectés d’eau). Il  y a deux transformations possibles : réductions des grains en farine (résultat recherché) soit en période de disette, soit à cause de la valeur de cette préparation, par exemple lorsque les femmes font le gavage ou hangandi ou alors séparation du son d’avec le mil.

La préparation

Puis viendra le second vannage, pour séparer le son des brisures du mil, s’en suivra le troisième pillage, pendant lequel, les grains sont réduis en farine. On verse ensuite une certaine quantité d’eau dans la farine que l’on transforme ainsi en boule crue. La cuisson consiste quant à elle, à cuire les boules de farine. Et enfin, le quatrième pilage qui consiste à piler les petites boules déjà cuites dans le mortier en ajoutant un peu d’eau afin d’obtenir la boule finale. Cette dernière peut se conserver pendant quatre jours (duré maximum en saison froide). Sous une autre forme de préparation de la boule, après le second vannage indique la même source, on procède au lavage des brisures. On les laisse séjourner dans l’eau pendant quelques temps pour les ramollir, puis intervient le troisième pilage pour obtenir la boule appelée ‘’sanganté’’. Cette spécialité appelée boule crue est consommée surtout par les femmes. Ce genre de boule peut  aussi servir à faire les aumônes.

Dans le cas de la boule granuleuse appelée ‘’labdourou’’, les brisures ne sont pas lavées. On les pile en y ajoutant du piment et en conservant les granulés. On peut la laisser fermenter à l’air libre au bout de trois à quatre heures. Elle est consommée par les femmes lors du gavage  Elle s’identifie surtout par les granulés. Si la boule crue se consomme avec ou sans lait, la boule cuite l’est toujours avec le lait, quand on ne dispose pas de lait, on peut utiliser du pain de singe (fruit de baobab) ou du jus du tamarin dans ces cas de figure le mil ne ferait que relever son goût. En ce qui concerne la technologie et la valeur nutritive, il faut dire toujours selon la même source que, la technique de pilage (taille des granulés), le dosage de l’eau surtout au  second broyage et au quatrième pilage pour la fermentation, mais aussi la cuisson y jouent un rôle déterminant. Même si la boule cuite perd tous ses éléments nutritifs à la cuisson, le délayage dans le lait (frais ou caillé) et autres ingrédients relèvent la valeur nutritive. C’est une ‘’eau blanche’’ dont  on devait étudier les qualités nutritionnelles et rafraîchissantes.

Au Niger, il y a aussi de la boule fabriquée à partir de céréales comme le sorgho, le maïs et le fonio. Lorsque la ménagère ne dispose pas de beaucoup de temps, elle prépare une petite quantité de boule. Pour cela, elle procède à la grillade des épis secs. Cette grillade se dit kukuré en zarma. La boule obtenue est délayée comme dans le cas de l’épi frais. Ce genre de boule se boit très bien sans lait et elle est très nutritive. La boule, selon l’ouvrage de M. Laya Djouldé, entre dans la  sociabilité de l’homme car elle crée en lui un sentiment de patience et l’amour entre les différents membres de la famille. Ainsi, en milieu rural, les enfants apprennent les leçons de patience, de courage, d’amour du prochain à travers le mouvement ou rotation de la louche servant à boire la boule dans la calebasse au moment du déjeuner. La boule est aussi un facteur déterminant dans la connaissance du niveau de vie de celui qui la boit, car elle a toujours une relation étroite avec l’aisance. Les plus aisés sont ceux là dont la calebasse ne manquera toujours pas de goutte de boule. Le van et la calebasse sont aussi deux éléments qui créent une certaine attraction entre l’époux et l’épouse.

                                                                                                  Source:https://urlz.fr/9CLc

Achetez en toute sécurité, c'est simple et rapide
C'est disponible du lundi au samedi
La livraison est uniquement à Niamey